Interview de Byambasuren Davaa pour
Actions Mongolie, reçue le 12 Mars 2006.
1. L'histoire du chameau qui pleure, votre premier film, était un
travail d'étude pour l'école de cinéma que vous suivez
à Munich. Il a fait le tour du monde, pour finir nominé aux
oscars dans la catégorie meilleur documentaire. Qu'est-ce qu'une petite
fille de nomade ressent lorsqu'elle est distinguée par Hollywood ?
Un pays de nomade, sa culture, ses hommes ont été reconnus par
dautres grâce à un documentaire. Un monde sest ouvert
à une majorité de personnes qui jusque là ignorait jusquà
son existence. Cest pour moi un grand honneur.
2. Quels pays ont été les plus sensibles à cette histoire
universelle ?
Combien de personnes l'ont vu dans le monde ?
Je ne connais pas les chiffres exacts. Le film passe encore et les données
changent régulièrement. Le chien jaune vient de commencer une
« tournée » internationale et bénéficie dun
bon accueil partout. Dans certains pays comme la France, le Japon ou les Pays-Bas,
le chien a même dépassé le chameau. Nous aurons bientôt
des chiffres.
3. Après cette aventure, vous vous êtes lancés dans
"Le Chien jaune de Mongolie". Qu'est-ce qui a changé pour
vous entre les deux films ?
Le chameau était pour moi un film - essai. Son succès fut une
surprise.
Après jai voulu arrêter mes études le plus vite
possible. Le chien devait être mon film de fin détudes.
Je navais pas plus dambition. Son accueil est donc une fois de
plus une surprise et cela me réjouit beaucoup. Il semble que le public
aime aussi ce film. Après le chameau, je suis restée une étudiante
en cinéma. Maintenant après le chien je suis une réalisatrice
en free lance. Je suis plus sûre de moi.
4. Dans ce film, vous décrivez la vie d'une famille de nomades.
Quelle est à votre avis l'avenir du nomadisme ? Ce mode de vie peut-il
continuer en Mongolie malgré l'attrait des jeunes générations
pour le confort et pour la ville ? Et à quelles conditions ?
Chacun sait que ce mode de vie ne perdurera pas. Beaucoup de nomades ont perdu
leurs troupeaux à cause des changements climatiques, des hivers glaciaux
et des étés extrêmement secs, ils ont donc perdu leur
moyen dexistence. Ils sont obligés daller chercher leur
bonheur en ville. Je pense que dici une vingtaine dannées,
il ny aura plus, en Mongolie, de nomades authentiques, tels que jai
pu les montrer dans mes films. Pour survivre en tant quéleveur,
il va falloir quils séquipent dordinateurs, de voitures
et tout ce qui va avec. Mais la vie change toujours.
5. Ce film vient de sortir en France, la critique est à nouveau très
positive. Qu'aimeriez-vous dire au public français à propos de
ce film ?
Je nai rien à dire. Je suis juste très contente que le film
ait eu autant de succès en France. Si, jai juste peut être
une chose à dire, je souhaite au public un bon voyage dans le lointain.
Chaque spectateur doit tirer ses propres conclusions de mes films pour sa vie
personnelle.
6. Parmi les personnalités, les artistes français que vous
connaissez, lesquels aimeriez-vous rencontrer ? avec lesquels aimeriez-vous
travailler ?
Qui aimeriez-vous inviter en Mongolie ?
Chaque être humain est dune certaine manière un artiste.
Les choses arrivent toutes seules au travers des rencontres et des instants.
Et je ninviterai personne que je ne connaisse personnellement.
7. Quels sont les principaux besoins des nomades, en quoi pouvons-nous les
aider ? Quelle est d'après vous la meilleure manière de les aider
en matière de santé ?
Là je préfère me taire: Vous avez sûrement plus dexpérience
que moi, heureusement !
8. Revenons au Cinéma. Après ces deux premiers films, quels sont
vos projets ?
Je nai pas de plans. Les choses arriveront quand elles arriveront.
Nous vous laissons le mot de conclusion, non sans vous avoir redit notre plaisir
et notre fierté que vous soyez notre marraine.
Désolée d'avoir été si longue à vous répondre
!
Je suis très contente que l'association marche bien, et je vous adresse
tous mes vux de réussite.
Cordialement,
Byambaa